16% de hausse des salaires en Afrique depuis 10 ans

Les révélations du rapport mondial sur les salaires publiées par l’Organisation internationale du travail(OIT) informent qu’au-delà de ces 16% de hausse sur les salaires en Afrique, le continent compte aujourd’hui 100 millions de salariés (25% de l’emploi total) pour 550 millions d’africains en âge de travailler sur une population d’un milliard d’habitants. Pour ces 100 millions de travailleurs africains, les salaires représentent la principale source de revenu pour subvenir aux besoins de leurs familles. Le niveau des salaires a donc un impact direct sur l’éducation et la santé des familles africaines. Pourtant cette hausse remarquée sur les salaires a été un tantinet plombée par la crise financière internationale survenue en 2008.

Le niveau de croissance des salaires était de 2,8% avant la crise. Il est tombée à 1,5% en 2009.Le rapport montre en réalité combien la productivité du travail a augmenté par suite de la tendance positive de la croissance du PIB par tête avant la crise économique mondiale. En Afrique sub-saharienne, si la productivité du travail a baissé d’un taux moyen de 0,7% par an durant les années 90, globalement, le PIB par personne employée a augmenté à un taux annuel de 1,9% sur les années 2000-2009 plus rapidement que dans les pays avancés. De même, en Afrique du nord, la croissance de la productivité du travail s’est accélérée, passant d’un taux faible de 0,1% par an dans les années 1990 à 1,5% par an au cours de la dernière décennie. Sur les deux ans de crise, l’OIT estime que le manque à gagner a atteint le seuil des 800 millions de dollars à l’échelle mondiale.

Pourtant, malgré cette hausse des salaires, fruit de la hausse de la productivité, on assiste encore à une avancée exponentielle de la pauvreté sur le continent. Pour Assane Diop, Directeur éxecutif, chargé de la protection sociale au BIT/Genève, la question de la croissance du niveau des salaires n’a de sens que si cette croissance est bien partagée. C’est pourquoi il en appelle à un partage équitable des fruits de la croissance car le salaire est bel et bien le baromètre de la consommation intérieure. L’exemple des Etats-Unis est encore frais dans les mémoires insiste Assane Diop qui rappelle que l’Amérique avait distribué des « check ménage » en pleine période de récession pour booster la consommation des ménages et sortir de la stagnation économique. En tous les cas, l’organisation internationale du travail par la voix de son Directeur Afrique Charles Dan explique que la seule façon durable de relever les salaires passe par la croissance économique qui entraîne des hausses de la productivité du travail.

Un système de politiques salariales et de politiques du revenu bien conçu peut contribuer positivement à la mise en place d’un modèle économique et social plus équilibré et durable. En particulier, un système cohérent de négociation collective, de salaires minima et de soutien du revenu peut renforcer le lien entre la croissance de la productivité et le travail décent pour tous.

Source: Les Afriques

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